aller simple

Aller Simple est un bijou de roman rocambolesque et démesuré dans la grande tradition des romans sud-américains, mêlant humour, dérision, aventure, fraternité et rêve éveillé.

 Octavio Rincon, jusque-là terne fonctionnaire espagnol, est miraculeusement débarrassé d’une épouse castratrice au cours de vacances trop organisées au Maroc. C’est le début d’une glissade sans fin au cours de laquelle Octavio va notamment se lier avec Soldati,  escroc argentin et maladroit dont il  prendra vite de la graine, un revenant nommé Carlos Gardel qui, comme vous l’apprendrez n’est pas mort dans un accident d’avion à Medellin, est bien vivant et n’a pas vieilli, va être poursuivi par le Bolivien qui veut à tout prix récupérer son agenda électronique volé par Soldati, mais va aussi rencontrer l’amour en la personne d’Ingrid, jeune hippie suédoise dont les seules paroles sont « Je baiser bon ».

 Aller simple enchaîne avec brio les situations les plus farfelues avec récupération in extremis, les P. 38 rouillés, les voitures qui tombent en panne ou les balles qui frôlent la tempe.

 Mais ce roman n’est pas simplement burlesque, il a aussi du sens.

 C’est d’abord une histoire de fraternité entre Octavio, Soldati et Carlitos et les innombrables personnages croisés au cours du roman. Nombreuses sont les occasions de trahir ou de voler de ses propres ailes, mais Soldati se repentira et Octavio pardonnera.

 C’est ensuite une histoire de la liberté et de l’aventure comme état d’esprit ; Octavio élimine les contraintes, vit selon son instinct, fait des rencontres formidables et se dépatouille toujours des situations les plus périlleuses.

 C’est enfin et surtout un livre du rêve, incarné notamment  par Carlos Gardel, revenu d’entre les morts pour faire la peau à Julio Iglesias qui massacre les tangos.

 Cette fable au sein d’une fiction, outre qu’elle est fort bien amenée et documentée, apporte une dimension onirique au roman, nous invite à regarder en arrière (l’histoire de Carlos Gardel) mais aussi à faire un pas de côté, à rêver l’impossible, et ça fait du bien... 

Titre : Aller simple

Auteur : Carlos Salem

Editeur : Actes Sud (Babel Noir) 350 p, 02/10/2010, 7,60 €

Titre original : Camino de ida

Traduction de l'espagnol :  Danielle Schramm

Note : 4,5/5