des morts bien pires

Si vous ne connaissez pas les polars de Francisco Gonzalez LEDESMA, auteur espagnol, ils sont à découvrir absolument.

Des morts bien pires démarre par la fuite éperdue, sans espoir, d’une jeune ukrainienne dans les rues de Barcelone. Elle fuit un réseau international de prostitution qui lui a fait miroiter un avenir meilleur en Europe. Elle finira assassinée dans un immeuble des vieux quartiers promis à la démolition, ainsi qu’une jeune fille innocente qui a eu le maheur de lui ouvrir sa porte.

L’inspecteur Méndez, relégué par sa hiérarchie à des tâches mineures, va se lancer dans une enquête solitaire, employer tous les moyens illégaux pour punir les assassins et leur appliquer la seule loi qui compte à ses yeux, la loi de la rue.

Il va côtoyer Eva Ostrova, elle ausi happée par ce réseau mais qui a pu s’échapper et est hébergée par la Patri, ancienne prostituée. Eva, aidée par un membre du réseau, va engager un processus de vengeance sanglant.

 

El Raval

Une autre Barcelone que celle des cartes postales des plages de la Barceloneta, des quartiers chics de Gracia nous est décrite par Francisco Gonzalez 

LEDESMA, celle des vieux quartiers sombres, des ruelles étroites et dangereuses, du linge qui pend aux fenêtres, des bars à l’hygiène problématique, des solidarités de la rue. Ce monde étant attaqué à coups de pelles mécaniques, cette description est empreinte de nostalgie, mais l’auteur nous donne l’espoir de croire qu’il est bien vivant.

Si l’inspecteur Méndez arrive, seul, sans moyens, à pourchasser l’odieux Muller et ses sbires, avec la seule aide de son intelligence et de ses connaissances, ce qui pourrait paraître un peu facile à l’amateur de thrillers techniques et procéduraux, l’essentiel n’est bien entendu pas là.

L’essentiel tient dans la description d’un monde - certes imparfait - qu’on croyait immuable qui disparaît doucement, sans faire de bruit, remplacé par un univers changeant, mondialisé, sans repères durables, dans lequel Je compte beaucoup plus que Nous.

Au delà de cette cruelle réalité,de la violence innommable, Francisco Gonzalez LEDESMA peint avec jubilation et poésie un univers joyeux, humain, mortel.

Titre : Des morts bien pires

Auteur : Francisco Gonzalez Ledesma

Editeur : Rivages/Thriller, 376 p.

Prix : 

- Rivages/Thriller (16/04/2014) : 22 €

Titre original : Peores marieras de morir

Traduction de l'Espagnol : Jean-Jacques Fleury et Marie-Neige Fleury

Note : 4

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photo d'illustration sous licence Creative Commons